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Le « fil du rasoir » de la gestion des risques

0 Catégorie : Actualités Auteur : Patrick le 09 janvier 2010

Après l’attentat manqué du 25 décembre dernier sur le vol Northwest Amsterdam-Detroit, les autorités de sécurité aérienne faisaient leur autocritique, s’estimant insuffisamment proactives par rapport à l’identification des menaces. Selon un éditorial du New York Times du 28 décembre dernier, repris et commenté par le Monde le 30 décembre, la sécurité américaine se considère comme en retard sur les terroristes : « Nous semblons toujours être en retard par rapport aux terroristes. [Ils] détectent une faille de sécurité (…), nous la comblons et attendons qu’ils en trouvent une autre à exploiter. »
Selon le New York Times, le gouvernement doit identifier les vulnérabilités bien plus en amont.

Quelques jours plus tard en France, Roselyne Bachelot faisait l’objet d’une critique presque unanime sur sa gestion de la pandémie de grippe A et en particulier sur les commandes de vaccins. La plupart des critiques portait sur le coût élevé de ces vaccins, qui pouvait sembler disproportionné par rapport à la gravité effective de la situation.

Ces deux événements illustrent bien la difficulté de la prise de décision en situation d’incertitude, et la facilité qu’il peut y avoir à juger ces décisions après coup. Alors que dans les deux cas il ne s’est finalement rien passé, ou presque, personne ne trouve incohérent de reprocher à l’une d’en avoir beaucoup trop fait et à l’autre de n’en avoir pas fait assez.

Mais, si on analyse les deux événements d’un peu plus près, on peut trouver un point commun qui finalement peut expliquer les critiques. Même s’il est difficile de connaître, de l’extérieur, le déroulement précis des événements, il semble que Mme Bachelot ait tardé à adapter sa politique aux nouvelles informations, en particulier provenant des autres pays du monde, montrant que la grippe serait finalement plutôt banale. Quant aux services de sécurité américains, ils ont visiblement ignoré une information sur Omar Farouk Abdulmutallab, alors que le père de celui-ci les avait alertés sur le danger que pouvait représenter son fils.

Dans les deux cas, ce qui est reproché est d’en avoir trop fait ou pas assez parce que les connaissances disponibles n’ont pas été utilisées.

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